Le Cinsault est un cépage rouge du sud de la France. Il donne des vins rouges légers et fruités, mais aussi de nombreux rosés méditerranéens. La France concentre la majorité des surfaces mondiales, devant l’Algérie et le Maroc. Dans l’Hexagone, son vignoble a pourtant fortement reculé : il couvrait plus de 51 000 hectares en 1979, contre environ 18 700 hectares en 2018. On l’écrit aussi Cinsaut. Croisé avec le Pinot Noir, il est l’un des deux parents du Pinotage, le cépage emblématique de l’Afrique du Sud.
Probablement né en Provence, le Cinsault est aujourd’hui surtout cultivé en Languedoc. Dans les appellations languedociennes, il s’assemble le plus souvent avec le Grenache et la Syrah, parfois avec le Carignan ou le Mourvèdre, comme aux Terrasses du Larzac. Certains vignerons le vinifient seul sur des coteaux pauvres, souvent hors appellation, en IGP Pays d’Hérault ou en Vin de France. Avec le Grenache, il forme aussi la base de nombreux rosés pâles du Languedoc et de la Provence.
En Afrique du Sud, où on l’a longtemps appelé Hermitage, le Cinsault a connu un tout autre destin. Productif et résistant à la chaleur, il était dans les années 1970 le cépage le plus planté du vignoble sud-africain, surtout destiné aux vins de volume et à la distillation. Dans le Swartland, au nord du Cap, ses vieilles vignes taillées en gobelet et non irriguées donnent aujourd’hui certains des Cinsault les plus recherchés du pays.
Le Cinsault résiste bien à la sécheresse et à la chaleur. Ses raisins mûrissent sans accumuler trop de sucre, d’où des vins au degré modéré, précieux en assemblage dans les régions chaudes. Il se réveille tard au printemps, à l’abri des gelées. Sur les terres fertiles, chaque pied porte en revanche beaucoup de grosses grappes juteuses, et le vin manque de concentration. Il affectionne particulièrement les sols pauvres et secs, comme les schistes, où ses vieux ceps produisent peu. Il reste sensible aux maladies du bois, comme l’esca, et à la pourriture grise. Sur les sols trop calcaires, ses feuilles jaunissent par manque de fer.
Le Cinsault donne des vins légers en couleur et en concentration. Sa robe est claire, d’un rubis léger. Le nez s’ouvre sur les fruits rouges frais, framboise et cerise, parfois rehaussés de notes florales et d’une touche épicée. En bouche, des tanins souples donnent un vin digeste. Issus de vieilles vignes, certains vins font exception : plus concentrés, ils gagnent en profondeur et en aptitude à la garde.
Ce fruit et cette souplesse en font un partenaire naturel des charcuteries, des volailles et de la cuisine méditerranéenne. Ses rosés accompagnent l’apéritif. Rouge de plaisir à boire légèrement frais, le Cinsault sait aussi livrer dans ses cuvées les plus abouties des vins d’une finesse que certains dégustateurs comparent volontiers au Pinot Noir.
Le conseil du sommelier : servez les Cinsault fruités légèrement rafraîchis, autour de 14 à 15 °C, et les cuvées plus concentrées vers 16 °C. Ces dernières gagnent à passer 30 minutes en carafe pour libérer leurs notes florales. Pour un accord signature, essayez un Cinsault rouge avec une pissaladière : son fruit répond au sel de l’olive et de l’anchois.
Vin Rouge
Afrique du Sud - Western Cape
(WO) Swartland
Vin Rouge
France - Languedoc
(AOC) Languedoc
Vin Rouge
France - Languedoc
(AOC) Languedoc
Vin Rouge
France - Languedoc
(AOC) Terrasses du Larzac
Vin Rouge
France - Languedoc
(IGP) Pays d'Herault
Vin Rouge
Afrique du Sud - Western Cape
(WO) Swartland
Vin Rouge
France - Languedoc
(IGP) Pays d'Herault
Le Cinsault s’accorde avec les charcuteries, les volailles rôties, les grillades et la cuisine méditerranéenne, et ses rosés sont taillés pour l’apéritif. Ses tanins souples ne durcissent pas au contact des plats, et son fruit rouge épouse les herbes et les saveurs du Midi.
Servi frais, un Cinsault jeune et fruité se plaît avec une planche de charcuterie, des brochettes ou une ratatouille. En rosé, il accompagne tapenade, anchoïade et salades composées.
Un Cinsault de vieilles vignes, plus profond, appelle un pigeon rôti, un filet mignon aux champignons ou un carré d’agneau rosé. Il accompagne aussi un thon grillé. Évitez les plats très épicés et les sauces puissantes, qui écraseraient sa délicatesse.
Le Cinsault a un goût de fruits rouges frais, framboise et cerise. Léger en couleur et en concentration, il donne un vin souple et digeste, qui se boit volontiers légèrement rafraîchi.
Ses caractéristiques varient surtout avec l’âge des vignes. Les jeunes vignes donnent des vins tendres et gourmands, aux arômes éclatants. Les vieilles vignes apportent davantage de matière, des notes florales et épicées, et une finale saline.
La garde dépend du style. Les Cinsault fruités et les rosés se boivent plutôt dans leurs trois à cinq premières années, quand leur fruit est le plus vif. Les cuvées plus concentrées tiennent cinq à dix ans. Les plus grands Cinsault, longuement élevés, peuvent vieillir dix ans et plus.
Pour bien choisir un Cinsault, pensez d’abord au moment du service. Pour l’apéritif ou les grillades, prenez un rosé ou un rouge jeune et fruité, à boire dans les deux ou trois ans. Pour la table, visez une cuvée de vieilles vignes : en vieillissant, le cep porte naturellement moins de grappes, et ses raisins gagnent en concentration. Notre astuce : ne jugez pas un Cinsault à sa couleur. Sa robe claire est naturelle, même sur les grands vins. Goûtez plutôt la longueur : un bon Cinsault reste présent en bouche plusieurs secondes après la gorgée.
À la dégustation, recherchez un fruit net de framboise ou de cerise et des tanins fins. Le Cinsault donne naturellement des vins au degré modéré. Certaines cuvées plus concentrées montent plus haut : vérifiez alors que la finale reste digeste.
Le principal défaut à éviter est la dilution. Très productif, le Cinsault porte facilement beaucoup de grosses grappes juteuses par pied. Si le vigneron les garde toutes, le vin devient aqueux, court et sans relief. Elle se repère à un nez timide et à une bouche vide.
Chez Pourpre, notre duo œnologue-sommelier privilégie des Cinsault fruités et digestes, des coteaux du Languedoc à nos vins d’Afrique du Sud. Comptez environ 12 à 25 € pour un bon Cinsault de vigneron et 30 à 40 € pour une grande cuvée languedocienne. Les références du Swartland dépassent souvent 70 €. Le pictogramme cœur signale nos coups de cœur.
Le Cinsault et le Grenache s’assemblent parce qu’ils se complètent : le Grenache apporte la générosité, le Cinsault la finesse et la légèreté. Ce duo compose une grande partie des rouges et des rosés du Languedoc et de la Provence.
Le Grenache donne des vins ronds, chaleureux, aux arômes de fruits rouges mûrs et d’épices. Dans les années chaudes, il peut dépasser 15 % d’alcool et paraître lourd.
Le Cinsault mûrit au contraire avec moins de sucre, donc moins d’alcool. Il apporte un fruit croquant, des tanins souples et une robe plus claire. En rouge, il abaisse le degré de l’assemblage et le rend plus digeste. En rosé, ses arômes délicats et sa couleur pâle font l’élégance des grands rosés Grenache-Cinsault.
Dans notre sélection, Les Vignes Oubliées inversent la proportion habituelle : le Cinsault y domine, le Grenache l’accompagne. Au Mas de la Séranne, les deux cépages se partagent l’assemblage de rouges gourmands, parmi nos Terrasses du Larzac.
Les meilleurs vins de Cinsault naissent le plus souvent de ceps âgés vinifiés seuls, en Languedoc et en Afrique du Sud. Sur le Kasteelberg, dans le Swartland, en Afrique du Sud, The Sadie Family fait figure de référence. En 2009, Eben Sadie y a lancé ce qui est présenté comme le premier Cinsault de parcelle unique du pays. Ses vignes ont été plantées en 1973 sur des sols d’ardoise.
Chez Pourpre, nous proposons aussi deux Cinsault languedociens. À Aniane, dans l’Hérault, Xavier Braujou fait du cépage le cœur de la Terrasse d’Élise. Ses vieilles vignes, aux récoltes très faibles, donnent un pur Cinsault longuement élevé et taillé pour la garde. À Saint-Privat, sur des schistes et des grès à 350 mètres d’altitude, Les Vignes Oubliées tirent de vieilles vignes un rouge où il compte pour 70 %. Sur le Paardeberg, dans le Swartland, Badenhorst lui confie le premier rôle d’un assemblage issu de vignes taillées en gobelet dans les années 1950 et 1960.
Oui, le Cinsault compte parmi les grands cépages du rosé méditerranéen, mais il donne aussi de très beaux rouges.
Ses gros grains de raisin, très juteux et pauvres en pigments, se prêtent naturellement aux rosés pâles : au contact des peaux, leur jus se colore à peine. Son fruit délicat leur apporte éclat et finesse. Servez ces rosés autour de 10 à 12 °C.
En rouge, il a longtemps servi à assouplir les assemblages. De plus en plus de vignerons le vinifient pourtant seul, sur leurs meilleurs terroirs. Notre sélection fait la part belle à ces rouges, aux côtés du rosé de gastronomie du Mas Jullien, où il partage la vedette avec le Mourvèdre et le Carignan.

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